Chronique Paris – mai 2012

Dimanche dernier (le 20 mai), je prenais le vol Paris-Cotonou pour participer à la 7e conférence e-Learning Africa. Les journées du lundi, du mardi et du mercredi ont été consacrées à des réunions et des visites de lieux où IFADEM est déjà en place et continue à se déployer. Ainsi, durant ces 6 jours, j’ai fait de nombreuses rencontres avec des personnes provenant de différents secteurs tous liés à l’éducation. L’urgence d’agir est palpable puisque la nécessité de créer une société forte et indépendante relève de la qualité de l’éducation offerte à sa population.

Il est encore difficile pour moi de faire une analyse juste de la situation de la place des TIC et de la formation en Afrique. L’expérience du terrain me manque, mais mes premières impressions sont décrites ci-dessous.

Premièrement, c’est un lieu fertile pour une économie numérique. Elle existe en Afrique et l’intérêt des organisations diffère selon leur situation sur le terrain. Mais le point commun est celui de venir en aide à des pays qui en ont grandement besoin afin d’améliorer leur système éducatif. Donc, les offres de formation sont nombreuses et les modèles sont tous aussi différents; la formation aux instituteurs, la formation aux chefs d’établissement, la formation initiale, la formation continue, la formation ponctuelle, la formation à distance, etc. Évidemment, toutes n’obtiennent pas le succès souhaité.

Le danger de la fracture numérique est aussi réel lorsqu’on voit les régions éloignées qui n’ont pas toujours le soutien nécessaire. On peut bien faire l’achat de TBI, de tablettes et d’ordinateurs, mais la plupart du temps, les régions rurales ne peuvent pas utiliser ces appareils en raison du manque d’électricité. Ici au Bénin, 15 % des écoles sont branchées au réseau électrique, au Burundi, c’est 3 %. Donc, il risque de se créer un plus grand fossé numérique si les efforts pour équiper les écoles se concentrent en zone urbaine. D’ailleurs des initiatives comme DIENA me font réfléchir. Même si certains projets touchent les zones rurales comme évoquées ici sur Thot, je m’interroge sur la volonté des pays du nord à vouloir faire de l’école africaine à l’image de leurs écoles. Et si l’intégration des TIC devait se faire autrement ici!

À e-Learning Africa, la présentation de quelques initiatives pour la formation avec l’aide des téléphones mobiles témoigne d’un réel engouement. La démocratisation rapide de cet appareil dans tous les pays africains permet de penser que cet outil pourrait devenir une plateforme de formation peut couteuse et pouvant répondre aux besoins des zones rurales. C’est vrai qu’un plan de formation à l’usage de l’outil ne sera pas toujours nécessaire. Le téléphone mobile est un outil simple d’utilisation, le défi est de le contextualiser en milieu de formation.

Finalement, ma première expérience en terre africaine fut formidable, enrichissante et inoubliable. J’ai rencontré un peuple accueillant et chaleureux avec la volonté d’améliorer la situation pour les générations futures.

« Mieux vaut apprendre à quelqu’un comment pêcher que de lui donner un poisson. »

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